Haute Charente
Ecrits & reportage 
sur la résistance


                                                                                                                                                                                                Charles Rechenmann (1912-1944) 
 
 
1er septembre 1939 : par l'invasion de la Pologne, l'Allemagne hitlérienne déclenche la deuxième guerre mondiale. Dans les heures qui suivent cette information, le gouvernement français donne l'ordre aux populations frontalières de Lorraine de tout abandonner et de partir sans délai vers un département d'accueil. C'est l'exode avec ses déchirements, ses souffrances, ses drames et l'arrivée en Charente de réfugiés mosellans des arrondissements de Forbach et de Sarreguemines. Parmi eux, la famille Rechenmann, dont l'un des fils, Charles, martyr de l'ombre, allait, au fil des jours sombres de l'Occupation, inscrire dans l'histoire de la Résistance en Charente, et plus précisément du Sud-Charente, une page à la fois glorieuse et tragique de sa lutte clandestine pour la Liberté et pour la France. 
Début septembre 1939, Théophile Rechenmann, directeur d'école à Neunkirch-lès-Sarreguemines, son épouse, née Marie Curin, et cinq de leur huit enfants, un garçon, Julien, et quatre filles, arrivent donc à Angoulême. Les trois fils aînés : Roger, 28 ans, professeur d'anglais au lycée de Metz, Charles, 27 ans, ingénieur, et Henri, 25 ans, également ingénieur, sont mobilisés. Les Rechenmann s'installent chez Mme Bonnet, professeur en retraite, 21, rue du Fort de Vaux à Angoulême. A la rentrée scolaire d'octobre 1939, sur proposition de M. Rodier, inspecteur de l'enseignement primaire, Théophile Rechenmann est nommé à Ruelle. Mais en mai 1941, pour raison de santé, il prend sa retraite et vient s'installer avec sa famille au bourg de Lamérac, près de Barbezieux, dans un logement appartenant à M. Testaud. Julien et ses sœurs, précédemment inscrits dans les lycées d'Angoulême, poursuivent leurs études au collège aujourd'hui lycée de Barbezieux. Julien, à l'exemple de ses aînés, a fait de brillantes pour devenir quelques années après la Libération, géophysicien et directeur de recherches à l'O.R.S.T.O.M. Le 10 juillet 1942, Théophile Rechenmann décède à l'hôpital de Barbezieux. Il n'a donc pas connu la fin tragique de son fils Charles dont la vie s'était jusqu'alors déroulé brillante et exemplaire. 
Charles, second fils de la famille Rechenmann, d'ancienne et modeste souche paysanne, est né le 24 août 1912 à Saint-Louis-lès-Bitche. Adolescent, il est membre des Scouts de France à la 1ère troupe Guynemer de Sarreguemines. Après d'excellentes études au lycée Jean de Pange de Sarreguemines, il est admis à l'Institut électronique de Grenoble et en sort ingénieur en 1933. Reçu au concours d'entrée à l'Ecole Militaire des Elèves Officiers de Réserve d'Artillerie (EMEORA) de Poitiers, il termine son service en qualité de sous-lieutenant au 402e Régiment d'Artillerie de Metz. De retour à la vie civile, il entre en 1934 au service de la société de Matériel Electrique de Contrôle Industriel (M.E.C.I.) 4, rue Coucault à Paris dans le 16e arrondissement.  
Mobilisé le 24 août 1939, il est affecté au 6e Régiment d'Artillerie en appui des ouvrages de défense des Vosges du Nord. Sa conduite lui vaut sa première citation et l'attribution de la Croix de Guerre : « Le Lieutenant Charles Rechenmann, de l'Etat-Major du 2ème groupe du 6e R.A. s'est tout spécialement distingué lors de l'attaque allemande du 15 mai 1940 devant Wissembourg ». 
Fait prisonnier en juin 1940, il est libéré au mois d'août au titre de Mosellan, à condition de rester en Lorraine et dans le Reich... Il arrive pourtant à s'échapper. En juin 1941, il se rend à Tarbes où il reprend officiellement ses fonctions au M.E.C.I. en zone libre. En fait, il cherche à passer en Espagne pour rejoindre la France Libre. Mais il échoue et il préfère rejoindre ses parents en Charente. C'est alors qu'il est contacté par le capitaine britannique Cowburn qu'il avait déjà rencontré à Paris avant la guerre quand il travaillait pour une société de raffinage du pétrole.  
Début 1942, Charles Rechenmann effectue un premier voyage en Angleterre. Après un bref séjour, un avion le ramène en France et le dépose dans la région de Châteauroux. Il entre alors en qualité d'ingénieur aux usines Hispano-Suiza de Tarbes. Là, très vite, et toujours en liaison avec Londres, il organise à l'aide de prisonniers évadés, d'Alsaciens et de Lorrains, un important réseau de résistance et réceptionne de nombreux parachutages d'armes et de munitions. Mais comme il est bientôt suspecté par les services de la police allemande, Londres le rappelle à nouveau. Le 15 novembre 1943, il part pour l'Angleterre, du terrain de Sourcelles, près d'Angers, à bord d'un avion Hudson, piloté par le lieutenant-colonel Hodge, en compagnie de François Mitterrand, de Francis Commentri, du réseau Roger, de MM. Chartrau et Musan, et de Mme Fontaine Barrett. L'opération aérienne a été organisée par Rudis Darricourt et André Wett. 
Pendant trois mois, Charles Rechenmann reçoit en Angleterre une formation spéciale. Le 12 février 1944, son radio, le lieutenant canadien Allyre Louis Sirois est parachuté à Marsan, près d'Auch, dans le Gers. Le 19 mars le capitaine Charles Rechenmann, délégué de Londres, est débarqué près des côtes françaises par un sous-marin anglais. Le 23 mars, il opère un sabotage dans les usines Hispano-Suiza à Tarbes et détruit sur le terrain de La Martinerie cinq avions allemands. Fin mars, Charles Rechenmann, le Britannique John Andrew Mayer et le Canadien Allyre Louis Sirois arrivent à Angoulême. Le 30 mars, le capitaine Charles Rechenmann est hébergé par les époux Fischer, 8, rue Ludovic Trarieux à Barbezieux. Bernard Fischer, originaire de Sturzelbronn en Moselle, âgé de 26 ans, réfugié lorrain resté en Charente, instituteur à Barbezieux, devient tout naturellement le chef de la résistance du Sud-Charente autour de Barbezieux. Le trio Rechenmann, Mayer, Sirois, « jeune, courageux et dynamique » selon les paroles d'André Petit, réussit en quelques jours à structurer la région : c'est le réseau Buckmaster, circuit Rover, groupe Charles Robert, formation Strategic Operational Execution (S.O.E.). Le délégué de Londres, le capitaine Charles Rechenmann alias Julien (nom de guerre), alias Raymond (nom de code), est le responsable et l'organisateur de l'activité des groupes. Son adjoint, le lieutenant John Andrew Mayer, alias Franck, alias Raymond, monte les opérations de parachutage, relève les coordonnées des terrains sur la carte Michelin, et assure la surveillance des caches d'armes. Le radio canadien, le lieutenant, Allyre Louis Sirois, alias André, alias Gustave, émet trois ou quatre fois par jour et doit être constamment protégé. Les responsables des groupes constitués dans le département sont pour Barbezieux : le lieutenant Bernard Fischer, alias Fernand, responsable des parachutages et des transports d'armes; pour Berneuil : Jean Deschamps et Joseph Florsch, chargés du recrutement des jeunes Charentais et Mosellans; pour Brossac : André Petit; pour Cognac : René Dubroca; pour Péreuil : Roger Vincent; pour Ruffec : Coutant et pour Angoulême : Pouget, instituteur retraité, habitant au 35, rue Alsace-Lorraine. 
Le premier parachutage est organisé à Passirac, chez Maillet, le 15 avril 1944. Le message était : « J'ai cassé la vaisselle ». Le 27 mai, le radio canadien Louis Sirois émet des messages depuis Brossac où il est hébergé par Etienne Epaud, au Maine Muguet. Le 8 mai 1944, deux avions parachutent à Péreuil, vallée de l'Ecly, des armes et du ravitaillement, suite au message : « Je t'ai prêté mille francs ». Le 10 mai, le lieutenant Mayer et le capitaine Rechenmann sont hébergés chez Bernard Fischer à Barbezieux. John Andrew Mayer repart l'après-midi à bicyclette pour regagner Angoulême mais il est arrêté à Pont-à-Brac par des agents de la police allemande, la Sipo (Sicherheitspolizei ou police de sûreté). 
Le 12 mai, le capitaine Charles Rechenmann quitte Bernard Fischer et rejoint Angoulême par l'autobus. Il a rendez-vous à 11h à l'hôtel du Cheval de Bronze, rue Saint-Roch à Angoulême, avec l'agent de liaison René Bocquereau dit Leblond. C'est alors l'irruption de sept hommes en civil de la police allemande, la Sipo , et de la Feldgendarmerie pour l'arrestation des deux hommes. Quelques jours plus tard les services de renseignement du réseau apprennent qu'il y a eu infiltration par des agents au service de la police allemande, qu'il y a eu en conséquence des dénonciations et que le traître n'est autre que René Bocquereau lequel est fiché dans les services de la police allemande sous le nom de Leblond. D'ailleurs, ce dernier a été relâché un peu plus tard pour être arrêté à Saint-Vallier par des gens de la Résistance et exécuté, lui et sa femme, le 1er juillet sur ordre de Louis Sirois. 
Charles Rechenmann a été ensuite rapidement transféré à Fresnes pour y subir les interrogatoires des services spécialisés de la police criminelle allemande puis au camp de concentration de Buchenwald le 17 août avec John Andrew Mayer parmi 37 « officiers alliés » (Français, Belges, Britanniques, Hollandais, Canadiens) arrêtés en France. Internés au Block 17, classés NN (Nacht und Nebel) (nuit et brouillard), ils se savent condamnés.  
Le 10 septembre 1944, Charles Rechenmann et John Andrew Mayer sont pendus avec 15 de leurs camarades . Au titre de la Résistance, le capitaine Charles Rechenmann est titulaire de la Croix de Guerre avec palme, de la médaille de la Résistance, de la Légion d'Honneur, de la médaille du British Empire Order (de l'Ordre de l'Empire britannique) et de deux citations . Etant l'un des 104 agents du S.O.E., section F, morts pour la France, il est honoré au Mémorial de Valençay dans l'Indre ainsi qu'au Mémorial de Brookwood (Surrey, Royaume Uni de Grande Bretagne). Au camp de Buchenwald (Allemagne) une plaque inaugurée le 15 octobre 2010 honore la mémoire des officiers alliés du bloc 17, assassinés entre septembre 1944 et mars 1945, notamment 20 agents du SOE parmi lesquels figure « Rechenmann, Capt. C.T.D. » 
 
L'après Rechenmann  
 
Après les arrestations de Charles Rechenmann et de John Andrew Mayer, la police allemande est parvenue à arrêter d'autres membres du réseau. Le 14 mai, à Passirac, la police allemande trouve la cache d'armes. Le 22 mai, Bernard Fischer est arrêté à Barbezieux. Le lendemain, Roger Vincent est arrêté à son domicile à La Caillère à Péreuil avec Jacob Vogel et Charles Carreau. Le 29 mai, c'est le tour d'Albert Juillet et d'Armand Fouchet d'être arrêtés à leur domicile à Angeduc. Ils sont tous internés à la prison Saint-Roch à Angoulême. Bernard Fischer est isolé des autres, eu égard probablement à sa position de chef de réseau, et il est torturé plus particulièrement que les autres qui se retrouvent à six dans la même cellule : Pierre Seiler, Charles Carreau, Jacob Vogel, Roger Vincent, Albert Juillet et Armand Fouchet. Ils y apprennent au passage le chant des déportés allemands « le chant des marais » qu'un autre prisonnier, le père capucin Augustin (Antoine Meyer, pour l'état-civil), un Alsacien, aurait appris à ses compagnons de cellule : « Loin vers l'infini s'étendent de grands près marécageux. Pas un seul oiseau ne chante dans ces arbres secs et creux ! Oh terre de détresse où nous devons sans cesse piocher, piocher...» Le 23 juin, Bernard Fischer et cinq de ses compagnons ont été transférés à Compiègne et embarqués le 2 juillet dans le convoi de la mort. Nous devons ces indications du fait que Pierre Seiler a réussi à s'évader dans la nuit du 22 août 1944, aux environs de Méret en Haute-Marne, avec d'autres compagnons d'infortune, du train qui les transportait vers le camp de concentration de Dachau, profitant ainsi des désordres occasionnés par les bombardements de l'aviation alliée ! Une belle performance !  
Sur le monument érigé Chez Menot, à Angeduc, à la limite de Péreuil, surmonté d'une sculpture en forme de parachute, inauguré le 24 juillet 1988, à la mémoire et en hommage au groupe « Lorraine - Charente », on retrouve les noms de ces neuf hommes « morts en déportation pour notre liberté » : capitaine Charles-Robert Rechenmann et lieutenant John Andrew Mayer, morts à Buchenwald, Charles Carreau, Bernard Fischer, Armand Fouchet, Albert Juillet morts à Dachau, André Nauche, l'adjudant Vincent Roger et Jacob Vogel, morts à Hersebrück. 
Charles Rechenmann mort, son œuvre s'est poursuivie avec de nombreux parachutages d'armes et d'argent qui ont été distribués à toutes les formations résistantes, indépendamment de leur couleur politique. Le capitaine Charles Corbin a succédé à Charles Rechenmann comme délégué de Londres. Il avait déjà organisé des parachutages à Bignac-Rouillac, constitué un maquis de 84 hommes (Compagnie Camille) et le sabotage de la ligne Angoulême-Ruffec après avoir été ramené en France par avion Lysander en avril 1944. Le lieutenant Sirois a été toujours là, assurant les contacts radio avec Londres. A côté de lui, André Petit, Jules Muller, Alice Muller, Charles Corbin et des Lorrains « Malgré-Nous » et réfractaires. Parmi tous ces volontaires recrutés par Bernard Fischer, il y a eu beaucoup de jeunes Lorrains « Malgré-Nous », déserteurs de la Wehrmacht, réfugiés dans les fermes charentaises. Ils ont souvent constitué la base des maquis charentais. Quelques-uns ont remis des témoignages. Il n'en reste pas moins que ce sont les oubliés de la Résistance et les Charentais ont rarement parlé d'eux comme l'ont écrit les Lorrains Joseph Burg et Marcel Pierron dans leur livre : « Malgré-Nous et autres oubliés ». C'est à cause de cette réflexion que nous avons été amenés à l'ANACR à vouloir raviver en Charente la mémoire du groupe de Résistance Lorraine - Charente autour du souvenir de Charles Rechenmann. 
 
 Liste des anciens combattants « Lorraine-Charente » présents à l'inauguration du monument de Péreuil-Angeduc le 24 juillet 1988 : « Aux patriotes de la Résistance Péreuil-Angeduc arrêtés le 23 mai 1944 » : Lucien Lang, Joseph Lett, Paul Stezaly, Emile Esling, Joseph Ganter, Jean Schwalbach, Paul Raber, Edmond Prudhomme, Paul Fuss, Lucien Kempenich, Adolph Welsch, Joseph Houth, Jean-Louis Meyer, Germain Meyer, Jean Siebert, Aloyse Anton, Louis Neu, Bernard Seiler, Joseph Siebert, Oscar Schmitz, Robert Bour, Jean Schwartz, Albert Strohmenger, Pierre Behr.  
L'inauguration de la stèle a été faite en présence du Canadien Allyre Louis Sirois qui avait été l'adjoint de Charles Rechenmann comme opérateur radio.  
 
Brèves biographies des huit autres résistants honorés sur la stèle d'Angeduc aux côtés de Charles Rechenmann : 
 
Bernard Fischer est né en janvier 1918 à Sturzelbronn en Moselle. Réfugié en Charente en septembre 1939, instituteur à Barbezieux, il a été lieutenant FFI et chef de réseau de résistance à Barbezieux puis chargé de la réception et des transports d'armes. Arrêté par la police allemande de Barbezieux le 21 mai 1944, déporté en juillet, il a été exécuté en septembre 1944 au camp de Dachau, à l'âge de 26 ans. 
 
John Andrew Mayer, « Franck ». membre du réseau Rover et adjoint du capitaine Charles Rechenmann, il a été arrêté par la police allemande le 10 mai 1944. Déporté avec Charles Rechenmann, il a été exécuté par pendaison au camp de Buchenwald. 
 
Roger Vincent a été arrêté le 23 mai 1944 à son domicile de La Caillère, commune de Péreuil, avec les deux amis qu'il hébergeait : Jacob Vogel, originaire d'Oemersviller en Moselle et Charles Carreau. Tous les trois ont été déportés et exécutés : Jacob Vogel et Charles Carreau, au camp de Dachau, et Roger Vincent, au camp de Hersbrück.  
 
Albert Juillet et Arnaud Fouchet ont été arrêtés le 29 mai 1944 à Angeduc puis déportés et exécutés au camp de Dachau. 
 
André Nauche, jeune étudiant parisien, arrêté début mars 1944 à l'hôtel de France à Châteauneuf-sur-Charente. Il a été déporté et exécuté au camp de Hersbrück. 
 
  
Le chant des marais 
chant des déportés allemands  
Börgermoorlied (en allemand) 
 
 
Ce chant a été entonné la première fois en août 1933 par les prisonniers allemands du camp de concentration de Börgermoor, dans le pays de l'Ems, en Basse-Saxe, en Allemagne. Les paroles ont été écrites par le mineur Johann Esser et l'acteur et metteur en scène Wolfgang Langhoff, la musique a été composée par Rudi Goguel, employé de commerce, tous trois détenus dans ce camp administré alors par les S.A. (et plus tard par les S.S.). Ce chant a été composé suite à l'obligation faite aux détenus dans tous les camps de concentration de chanter pour se rendre au travail... 
Plus tard, des déportés, libérés à l'issue de leur temps de condamnation, ont contribué à faire connaître ce chant, notamment auprès de réfugiés politiques allemands en Angleterre et aux U.S.A. C'est ainsi qu'en 1936, Hans Eisler, collaborateur musical de Bertolt Brecht, en a fait une adaptation pour le chanteur Ernst Busch. On retrouve aussi en Espagne ce chant interprété en 1937 par les volontaires allemands des Brigades Internationales. 
 
 
I - Loin vers l'infini s'étendent 
De grands près marécageux 
Pas un oiseau ne chante 
Sur les arbres secs et creux. 
 
Refrain : 
 
Ô terre de détresse 
Où nous devons sans cesse 
Piocher, piocher. 
 
II - Dans ce camp morne et sauvage 
Entourés de murs de fer 
Il nous semble vivre en cage  
Au milieu d'un grand désert. 
 
III- Bruit de chaînes et bruit des armes 
Sentinelles jour et nuit 
Et du sang, des cris et des larmes 
La mort pour celui qui fuit. 
 
 
 
IV- Mais un jour dans notre vie 
Le printemps refleurira 
Libre enfin, ô ma Patrie, 
Je dirai tu es à moi. 
 
Dernier refrain : 
 
Ô terre d'allégresse 
Où nous pourrons sans cesse 
Aimer, aimer.