Haute Charente
Ecrits & reportage 
sur la résistance


                                                                                                                                                                                                                   ANDRE PETIT 
 

 
Le 23 MAI 1941, je remporte sur le circuit de MONTLERY, le premier pas DUNLOP, on me remet des lettres à déposer rue Jules Mabille à Bordeaux, QG du réseau JADE AMICOLE, je venais de rejoindre le clan des clandestins. 
 
MAI 1943 : je suis requis par le STO et obtiens un sursis de trois mois avec l’aide du Directeur du Service de Santé, le Docteur André JOUCLAS. 
 
En septembre, je ne sais comment, je suis considéré inapte pour l’Allemagne 
En MAI 1943, j’entre comme agent de liaison au réseau de renseignements « JADE AMICOLE », je rencontre pour la première fois Charles RECHENMANN en septembre 43. Charles inquiété dans la région de TARBES préparait son départ pour LONDRES. Charles partira pour LONDRES du terrain de SOUCELLES près d’ANGERS. 
 
L’adjoint du Capitaine Charles RECHENMANN, John Andrew MEYER, sera parachuté dans la NIEVRE, le 12 février 1944 ; Le radio, Lois SIROIS, le sera le 02 mars 44 à MARSAN, dans le GERS. Le 18 ou 19 mars, charles sera déposé près des côtes de France par un sous-marin anglais. Le trio en Charente forme le réseau BUCKMASTER, au début Avril 44. 
 
Le groupe est rapidement opérationnel. Le lieutenant MEYER alias Raymond prend contact avec Etienne EPAUD de Brossac. Bernard FISCHER alias Fernand organisateur des parachutages pour BARBEZIEUX. René DUBROCAT, rue de Crouin, à Cognac. Pour ma part, j’effectuerai les liaisons entre EPAUD de BROSSAC, VINCENT à PEREUIL, Bernard FISCHER, le lieutenant Raymond, Hôtel de Plaisance à ANGOULEME. 
 
Début AVRIL 44, BOQUEREAU prend en mains le groupe de BROSSAC, organise et réceptionne avec Bernard FISCHER un parachutage à PASSIRAC, le 15 avril 44. Le message était : « j’ai cassé la vaisselle ! ». 
 
Le 07 MAI, BOQUEREAU réussit à prendre en charge le radio. 
 
Le 08 MAI, le message « je t’ai prêté 1 000 francs ». Parachutage organisé par Bernard FISCHER sera réceptionné à PEREUIL. 
 
Le 08 MAI, vers 16 heures au café de PARIS, je découvre BOQUEREAU jouant au poker, en compagnie de 4 charentais et le grand Maurice (considéré comme étant agent de la gestapo), tenancier du bar « chez Jeannette ». 
 
Dans la nuit du 08 au 09 mai, 2 avions parachuteront dans la vallée de l’ECLY à PEREUIL. A l’aide d’un camion appartenant à Monsieur VENTHENAT et de nombreux tombereaux, les armes sont transportées au village, chez MESCARD commune d’ANGEDUC. 
 
Le 09 MAI 44, je porte un courrier au lieutenant MEYER (alias Raymond) que je rencontre à l’hôtel de PLAISANCE à ANGOULEME. Je lui confie avoir vu BOQUEREAU jouant au pocker au café de PARIS avec le grand Maurice (départ immédiat de MEYER pour BARBEZIEUX). 
Le 10 MAI, le lieutenant MEYER part de BARBEZIEUX à vélo vers ANGOULEME ; il sera arrêté à PONT à BRAC.  
Le 12 MAI, le capitaine RECHENMANN prend congé de la famille FISCHER et profite de l’autobus du matin pour se rendre à un rendez-vous à onze heures à l’hôtel du cheval de Bronze à ANGOULEME avec BOQUEREAU qui arrive normalement de TARBES. La Gestapo, qui les attend, les arrête. 
Le 14 MAI, les Allemands se saisissent du dépôt d’armes de chez MAILLET à PASSIRAC (BOQUEREAU conduit l’un des camions allemands). 
Le 16 Mai, prévenu de l’arrestation du capitaine RECHENMANN, Pylar ALVAREZ, fiancée du Capitaine Charles RECHENMANN, qui arrive de TARBES, rencontre, place du champ de mars, BOQUEREAU, surprise, BOQUEREAU lui raconte qu’il a réussi à s’évader pendant son transfert à la prison de POITIERS. 
Le 17 MAI, le poste émetteur que possède Bernard FISCHER est transporté de nuit à GUIMPS, en compagnie de Jean DESCHAMPS. 
Le 18 MAI, Alice MULLER accompagne le radio à COGNAC, chez René DUBROCAT. 
Le 19 ou le 20 MAI, Aronde de SALIGNAC, sur ordre du Radio, viendra récupérer le poste émetteur, laissé à BROSSAC. 
Le 20 MAI, il doit être 17 ou 18 heures, je vois Bernard FISCHER qui se dirige à l’horlogerie Denis, place de l’Eglise de BARBEZIEUX ; Je l’y précède rapidement. Bernard me communique qu’il faut dire à Vincent de déplacer le dépôt d’ANGEDUC dans la nuit de Samedi à Dimanche, et de ne venir sous aucun prétexte lui rendre visite. 
 
Le 21 MAI, je préviens Vincent de réunir son groupe e de déménager les armes de chez Mesnard. 
 
Le 22 MAI, à sa sortie de l’école, constatant que les Allemands le surveillent, Jean DESCHAMPS, l’ami personnel de Bernard FISCHER, lui conseille de sortir par la porte dérobée, derrière l’école. Bernard refusera désirant rejoindre sa famille. 
 
Le 22 MAI, Bernard FISCHER est arrêté par la Gestapo. 
 
Dans la nuit du 22 au 23 MAI, comme prévu, le groupe Vincent charge les armes sur des tombereaux. 
 
Le 23 MAI, à 4 heures du matin, la Gestapo arrête Roger VINCENT à son domicile, à la CAILLERE commune de PEREUIL, ainsi que VOGEL, Jacob et CARREAU. La Gestapo arrive au moulin de Grelet. Fernand FOUCAUD et Oscar SCHMITT qui ont rentré les chevaux à l’écurie emportent tout ce qui pourrait être compromettant. 
 
 
 
 
 
Le 23 MAI, dans la matinée, 3 hommes se présentent au domicile de Monsieur VINCENT : 
 
• René BOQUEREAU, 
• Maurice CATINAU 
• BLUM de FORBACH 
 
Ils se proclament « chefs de la résistance » et viennent, soi-disant, récupérer 2 postes récepteurs, quelques pistolets et mitraillettes restés cachés, sous le foin de la grange. Affolée Madame VINCENT donne tout. 
 
De très bonne heure, le 23 MAI, Gustave PAKIN qui a échappé au cours de la nuit à l’encerclement du village de « Chez MENARD », se réfugie chez Joséphine WALTER, à ST PAUL, commune de VIGNOLLES. Cette dernière décide de prendre possession des armées cachées dans les bois de BELLE FONTAINE. 
 
Le 23 MAI dans la soirée, je rends compte des évènements tragiques de la nuit à Jean KOENING, 103 rue Mont Logis à ANGOULEME. Je lui confirme également l’évacuation du dépôt d’armes de « BELLE FONTAINE ». Après réflexion, Jean me précise qu’il serait souhaitable que quelques armes soient sacrifiées afin que Monsieur RINOT puisse dire aux Allemands qu’il a découvert un dépôt d’armes. L’officier de la « Kommandantur » de BARBEZIEUX le félicitera pour cet acte. 
 
Le 25 ou le 26 MAI, la Gestapo ramène à GUIMPS, Bernard FISCHER et récupère le poste émetteur. Le 29 MAI, Albert JUILLET et Armand FOUCHET sont arrêtés à leur domicile à ANGEDU. 
 
Le 02 juin, grâce à Jean KOENING, je reprends contact avec le nouveau responsable, Jules MULLER 09 rue d’Arcole à ANGOULEME. 
 
Nos services savent par une femme de chambre, travaillant à la Gestapo, 25 avenue Wilson à ANGOULEME, que le dénonciateur du réseau est un certain « René LE BLOND ». 
Début juin, je recrute le Commandant DALLEMNES. 
 
Je prends contact avec Albert WALTER, nommé lieutenant par le Commandant DALLEMENES, qui prendra le commandement du groupe sous le nom de « Compagnie WALTER ». 
 
J’organise mon premier parachutage le 10 juin 44. Mais, un épais brouillard empêche l’aviateur de repérer notre balisage. L’opération est alors reportée à la lune suivante. 
 
Le 19 JUIN au matin, la BBC nous diffuse le message : « LA FORD EST SOUVENT EN PANNE ! ». 
 
L’opération est donc pour ce soir. 
 
A minuit, seront présents sur le terrain du pont de Maures à BERNEUIL : 
 
• Commandant DALEMNES, 
• Albert WALTER, 
• René KIPPER,  
• Lauër WENDEL, 
• Aloïse ANTON, 
• Emile ESLING, 
• Gustave PAKIN, 
• Jean GACHIMOIS, 
• Guy SUPPEAU, 
• Et, moi-même. 
 
Le 07 JUIN, je reçois l’ordre d’intercepter BOQUEREAU, Etienne EPAUD me communique que le couple BOQUEREAU est parti à PARIS le 05 JUIN. 
 
Le 13 JUIN, je rencontre le couple BOQUEREAU qui sort de la gare de CHALAIS. 
 
Le 14 JUIN, un commando de 8 hommes arrête le couple à son domicile à SAINT VALLER. BOQUEREAU possède une carte d’identité et un port d’armes délivrés par la Gestapo. 
 
Le 11 JUIN, Joseph FLORCH et Robert MARCEL (un copain de Bernard FISCHER) ont décidé d’attaquer la prison d’ANGOULEME. C’est un plan audacieux, mais Jules prévenu, l’en dissuade. Joseph ne me le pardonne pas et organise un groupe annexe à BAIGNES. 
 
Le 28 JUIN, le grand Maurice est abattu. Le 30 juin, un commando abattra le couple BOQUEREAU. 
 
Notre groupe a organisé et réceptionné 4 parachutages et, sur ordre de Jules, j’ai assisté à 7 autres. L’ensemble du réseau a réceptionné 30 parachutages. 
 
Le 8 MAI 2011, Yann PETIT, petit fils d’André PETIT est volontaire pour rendre hommage aux résistants de la Charente en chantant le chant des partisans. 
 
Repérage du terrain 
 
Quand les opérations aériennes étaient désirées pour une région donnée, la première chose à faire était de repérer le terrain. 
 
Pour les parachutes, il suffisait d’un terrain assez isolé des habitations afin d’éviter les indiscrétions, et pas trop éloigné d’une voie de communication pour que le transport de matériel parachuté puisse s’effectuer sans trop de difficultés. 
 
Les terrains d’atterrissage étaient plus difficiles à découvrir en raison des conditions exigées : 
Le terrain devait être à l’écart de ligne de chemin de fer, ligne électrique, camp d’aviation, voie importante. Il le fallait aussi plat que possible et d’environ 600 mètres de long sur 400 mètre de large. 
 
En principe, les terrains devient être repérés par un spécialiste 
 
Le terrain est signalé à Londres 
 
Quand un terrain avait été reconnu « bon », ses caractéristiques étaient envoyées à Londres soit par courrier, soit par message radio. 
 
 
Acceptation du terrain 
 
En principe la RAF venait photographier le terrain pour contrôler les indications qui lui avaient été fournies ; et si le terrain était jugé convenable, Londres donnait son accord. 
 
Conduite des opérations 
 
L’avion progressivement, descendait et atterrissait à côté de A, continuait à rouler vers les deux lampes B et C puis revenait vers A pour prendre position face au vent, pour le départ, qui se faisait après le déchargement des passagers et des colis, et de l’embarquement des nouveaux passagers et du courrier. 
 
Quelquefois, les lampes faisaient défaut : les trois lampes rouges étaient remplacées par des feux mais ils restent trop dangereux car leurs lueurs, difficiles à éteindre, se prolongeaient longtemps et risquaient de faire repérer toute l’équipe. 
 
Matériel envoyé 
 
Il était enfermé dans de longs cylindres noirs appelés « containers » qui mesuraient 1m.80 de long et 40 cm de diamètre. Leur poids total était d’environ 200 kg. 
Chaque container était muni sur le côté de 4 poignées pour en faciliter le transport par une équipe de 4 hommes. Sur le container, étaient également fixées une pelle et une pioche qui permettaient d’enterrer le cylindre, dans le cas où son transport se serait révélé immédiatement impossible.  
 
Sur chaque cylindre était collé un papier indiquant le nombre de containers parachutés, afin qu’aucun d’eux n’échappe aux investigations. Ce nombre était indiqué de façon suivante : (24 – P 5) signifiant 24 cylindres et 5 paquets. 
 
Chaque container était formé par un groupe de 5 cellules égales, unies les unes aux autres par des fermoirs dans le genre de ceux des malles d’automobiles. Chaque cellule portait en outre des bretelles qui permettaient son transport à dos d’homme. 
La partie supérieure du container était munie d’un système d’attaches qui reliaient le cylindre aux cordons du parachute. 
 
La partie inférieure portait un épais amortisseur en crêpe de caoutchouc, objet de convoitise de tous les membres de l’équipe de réception. 
Chaque cellule était marquée par une lettre et un numéro qui indiquaient son contenu. 
 
SOE : Special Operation Executive (Service des Opérations Spéciales) 
 
SR : Service des renseignements 
 
• AD/S Dénomination 
• M Admistrative 
 
F : Section du SOE sous ordre anglaise en France Libre 
 
RF : Section du SOE sous ordre anglais en France Libre 
 
EU/P : Section du SOE pour la Pologne 
 
BCRA : Bureau Central de Renseignements et d’Actions 
 
André Petit résistant de Berneuil en Charente  
Rédigé par Alain dans la rubrique Portrait 
 
André Petit Résistant de Berneuil 
Fondateur de l'Amicale des Anciens Résistants du Sud-Charente 
 
 
 
André Petit 
André Petit, fils d'Albert Petit, boucher, et d'Angèle Coulard, est né le 4 août 1922 à Berneuil, Charente. Élève de l'école primaire de sa commune natale il est reçu au difficile et très sérieux examen du Certificate d'Etudes Primaires de cette époque et entre comme apprenti boucher dans l'entreprise familiale. Adolescent il a une passion : la bicyclette. Très vite il affirme de remarquables qualitiés dans ce sport et devient, le 23 mai 1941, champion de France cycliste amateur sur le circuit de Montlhéry, zone occupée. En 1942 l'autorisation d'aller disputer le finale en zone libre lui est refusée mais, par contre, on l'informe que, requis par le service du travail obligatoire, il devra partir pour Settin en juin 1943. André Petit refuse de servir l'Allemagne et s'emploie sans délai à trouver un moyen d'échapper au S.T.O. C'est Jean Koenig, Contrôleur à l'Inspection du Travail, et le docteur André Jouclas, Directeur Départemental du Service de Santé qui, grâce à leur appui, vont permettre à André Petit de réussir dans ses démarches. Il obtient tout d'abord un sursis qui retarde son départ de 3 mois avant d'être enfin déclaré inapte au S.T.O. en août 1943 par une commission médicale franco-allemande siégeant à l'hôtel de ville d'Angoulême. Jean Koenig, un des chefs du réseau Jade-Amicol, domicilié avec son frère rue Monglogis à Angoulême, ayant apprécié les qualifiés physiques et morales du jeune champion cycliste, le fait entrer dans son réseau comme agent des services renseignements. André Petit rencontre alors Georges Fricaud et une solide amitié va naître entre ces deux jeunes hommes, amitié à laquelle restera fidèle Georges Fricaud devenu, en fin de carrière militaire, le général de corps d'armée Georges Fricaud-Chagnaud. 
Commence alors la courageuse et grande aventure d'André Petit dans la Résistance. 
Extrait et photo d'André Petit de l'ouvrage 'Les Anciens Résistants du Sud-Charente' par Jean Jardry ex-lieutenant du groupement F.F.I. du Commandant Dallennes. 
A lire également : 
• La Résistance dans la Sud-Charente (Lien) 
• Stèle à la mémoire de la Résistance – Chez Menot, Angeduc en Charente (Lien) 
• Le groupe maquisard Fischer, Walter, Petit (Barbezieux et sa région) (Lien) 
Le groupe maquisard Fischer, Walter, Petit de Barbezieux et sa région  
Rédigé par Alain dans la rubrique Maquis Parachutage Réseau 
 
Extrait de l'ouvrage Ami, entends-tu ? L'occupation et la Résistance en Charente par Guy Hontarrède. Imprimé en 1987 par l’Université Populaire de Ruelle.  
 
Le groupe Fischer, Walter, Petit fut d'abord une amicale des réfugiés de l'est qui n'avaient pas voulu ou pas pu regagner leurs pays d'origine.  
 
Leurs premiers actes de résistance furent d'aider quelques-uns de leurs compatriotes qui, refusant de répondre à la mobilisation des Alsaciens et des Lorrains dans la Wehrmacht, passèrent en zone libre avant d'essayer de regagner la France Libre.  
 
Fischer et ses amis sont contactés en 1943 par Charles Corbin, inspecteur de la police judiciaire de Bordeaux, Jules Muller, surveillant général d'un collège lorrain replié à Angoulême, Charles Rechenman jeune lorrain lettré, tous agents du «Spécial Opération Exécutive», plus précisément sa branche française le réseau Buckmaster.  
 
Si on se rappelle que le réseau Jade-Amicole est également un réseau très près des Anglais, on s'aperçoit que l'Intelligence Service était fortement implantée en Charente. Ces hommes étaient souvent intelligents, courageux et actifs mais, pour quelques-uns, trop peu regardants sur les principes moraux. 
 
Le français Rechenman remonte des Hautes-Pyrénées pour s'intéresser de très près à la Charente en mars 1944. Les parachutages se multiplient dans la région. Le groupe bien organisé, disperse et cache soigneusement les armes aux alentours de Barbezieux et jusqu'à Brossac chez des paysans et de petits commerçants (Archives duS.O.E.I.H.T.P.).  
 
En mars a été arrêté, par hasard, à Barbezieux Q. Porteur de papiers falsifiés. Il passe aux aveux et au service de la S.I.P.O allemande qui le libère dès la première quinzaine d'avril. Quelques semaines plus tard, la même S.I.P.O arrête B, dit René le Blond porteur d'une forte somme d'argent et d'un paquet de cigarettes bleu parachuté.  
René passe rapidement aux aveux, sous promesse d'avoir la vie sauve. Pour preuve de sa bonne volonté, il conduit un camion de la Wehrmacht récupérer un dépôt d'armes cachées chez son oncle près de Brossac. On lui propose alors de fonder un faux-maquis avec Q. dont nous avons parlé plus haut.René le Blond et Q. acceptent. 
 
Le 7 mai, René le Blond retrouve l'agent du S.O.E le canadien Sirois et l'emmène chez lui à Saint-Vallier près de Brossac. Le 10 mai, l'adjoint de Rechenman, le lt. James Mayer est arrêté par la S.I.P.O à Pont-à-Brac. Il sera déporté. 
 
Le 18 mai, la Feldgendarmerie arrête René le Blond et Rechenman à l'hôtel du cheval de Bronze à Angoulême. Rechenman étant connu du service de contre-espionnage allemand de Paris, il est transféré immédiatement dans la capitale. René le Blond, lui, est libéré et félicité par ses maîtres allemands. 
 
 
 
Stèle Chez Menot 
 
Le 22 mai, Bernard Fischer instituteur à Barbezieux est arrêté avec quatre des ses camarades. La police allemande bien informée, procède le soir même à la récupération de plusieurs tonnes d'armes et d'explosifs. Une partie échappera et servira à armer un groupe maquisard dit des Alsaciens-Lorrains ou groupe Walter-Petit. 
 
Mais le S.O.E se rend compte du danger. Les agents anglais font le rapprochement entre les libérations de Q. et de René le Blond et les arrestations dans les rangs de la Résistance. Ils les exécutent en accord avec le groupe Walter-Petit. On retrouvera les corps de René le Blond et de sa femme le 2 juillet à Saint-Vallier. (Archives S.O.E.- Témoignage Gendarmerie de Brossac). 
 
Sirois, l'agent canadien du S.O.E. quitte Angoulême devenu trop dangereux pour lui et s'installe à Cognac où avec l'aide des résistants locaux, Tapon, Mesnard, Dubroca. il va contribuer à fonder et à armer de petits maquis vers Saint-Laurent. C'est là que viendra le rejoindre le remplaçant de Rechenman, le capitaine Corbin, fin juillet ou début août 1944. 
A lire également : Charles Rechemann André Petit Stèle Chez Menot 
Maquis du Sud Charente 
 
résistant en liaison radio  
Les maquis apparaissent en Charente en 1943, au moment de l’instauration du STO. Ils se rattachent aux grandes organisations paramilitaires : A.S, O.R.A, F.T.P.F.  
Grâce à ces organisations, c'est seulement au début de 1944 qu'ils reçoivent armes et munitions en quantité par parachutage. Les effectifs des unités combattantes de la Résistance charentaise auraient atteint (selon la barre de Nanteuil) 3023 hommes le 1er juillet 1944 et 6310 au 1er septembre.  
Les responsables des groupes constitués  
dans le Sud-Charente étaient :  
• pour Barbezieux, le Lieutenant Bernard Fischer alias Fernand, chargé de la réception des parachutages et des transports d'armes, ainsi que Jean Deschamps et Joseph Florsch agents recruteurs des jeunes mosellans et charentais,  
• pour Brossac, Étienne Épaud et René Boquereau (noté selon les documents : Bocquereau ou Bochereau) anciens membres du réseau de Tarbes organisé par Charles Rechenmann* alias Julien, et le neveu de Louis Boeuf de Chez Maillet à Passirac,  
• pour Guimps, Lucien Lang spécialiste de la fausse carte d'identité,  
• pour Péreuil, Roger Vincent à la tête d'un groupe déjà bien organisé fort d'une trentaine d'hommes, des charentais et des nombreux mosellans dont deux déserteurs de l'armée allemande,  
• pour Berneuil, André Petit qui en outre, accomplit sur ordre les missions de liaison de l'ensemble.  
* agent secret français du S.O.E, Section F - Il a dirigé le réseau ‘Rover’ (période d’activités : le 21 mars 1944 - le 10 mai 1944).  
 
principaux dépôts d'armes  
En septembre 1943, le lieutenant Bernard Fischer, un professeur de Moselle, réfugié et séjournant à Barbezieux comme instituteur, est le chef de réseau résistance de Barbezieux. Il organise avec son ami Charles Rechenmann, le S.E.O, « Strategic Operationel Execution » - réseau Buckmaster, dans lequel il a la responsabilité des parachutages.  
carte extraite du livre de Guy Hontarrède : Ami, entends-tu ?  
 
"...Le trio Rechenmann prend contact à Angoulême avec Jean et Philppe Kœnig, Muller, Pouget, instituteur retraité, le sous-lieutenant Georges Fricaud, à Cognac avec René Dubroca et à Ruffec avec Coutant.  
 
 
 
réception d'un container 
 
 
Le premier parachutage a lieu le 15 avril 1944. Le message " j'ai cassé la vaisselle " et le terrain la vallée de Chez Maillet, commune de Passirac. Le parachutage sera réceptionné par Bernard Fischer aidé par André Petit et Florsch qui se sont rendus sur les lieux à bicyclette, et par une équipe du groupe de Brossac. À 3 heures du matin, l'avion survole le terrain et largue ses colis. Les armes transportées par Épaud, Boquereau, Bœuf, Hériard père et fils, sont cachés dans le hangar de Louis Bœuf. Il est 5h30 quand tout est terminé et le chocolat et les cigarettes anglaises qui agrémentent le parachutage font oublier à ses soldats de l'ombre la longue attente, le froid et la peur de la nuit..." 
 
"...Le 14 mai les Allemands investissent le village de Passirac et s'emparent du dépôt d'armes. Louis Boeuf, témoin de l'opération, court prévenir le Lt radio Louis Sirois qui, conduit par Étienne Épaud, se rend d'abord à Montguyon, puis, seul, en taxi, à Angoulême, rue Alsace-Lorraine, chez Pouget, l'instituteur retraité. Dans un des camions allemands la famille Boeuf a reconnu René Boquereau. Le 19 mai, avec l'aide de Nicolaï Théo, un mosellan agent de liaison du groupe Florsch, André Petit récupère à Passirac le poste émetteur du radio canadien Louis Sirois et le remet à Bernard Fischer qui le transporte avec Jean Deschamps, au Grand Landry, commune de Guimps..." 
extraits du livre de Jean Jardry : Les anciens résistants du Sud-Charente  
 
Le 7 mai, B..., dit "René le Blond" retrouve le canadien Allyre Sirois, agent du S.O.E, et l'emmène chez lui à Saint-Vallier près de Brossac.  
Le 10 mai, le lieutenant James Mayer, l'adjoint de Rechenman, est arrêté par la S.I.P.O à Pont-à-Brac. Il sera déporté et exécuté à Buchenwald le 10 septembre 1944 à l'âge de 24 ans.  
 
Le 12 mai, Charles Rechenmann rencontre René Boquereau à l'hôtel du Cheval de Bronze à Angoulême. Ils furent tous deux arrêtés. Rechenmann fut interrogé puis déporté à Buchenwald, où le 15 septembre 1944, il fut pendu.  
 
Le 14 mai, les allemands sont dans le village de Passirac où ils ont découvert, par dénonciation, la cache d'armes et procèdent le soir même à la récupération de plusieurs tonnes d'armes et d'explosifs. Une partie échappera et servira à armer un groupe maquisard dit des Alsaciens-Lorrains ou groupe Walter-Petit.  
 
Le 22 mai, Bernard Fischer a été arrêté par la Gestapo. Il a été déporté et exécuté à Dachau en septembre 1944.  
 
Allyre Sirois, opérateur radio de Rechenmann et agent canadien du S.O.E., quitte Angoulême devenu trop dangereux pour lui et s'installe à Cognac où, avec l'aide des résistants locaux, Tapon, Philippe Mesnard, René Dubroca, il va contribuer à fonder et à armer de petits maquis vers Saint-Laurent. C'est là que viendra le rejoindre le remplaçant de Rechenman, le capitaine Corbin, fin juillet ou début août 1944.  
En mars avait été arrêté, par hasard, à Barbezieux, Q... porteur de papiers falsifiés. Il passe aux aveux et au service de la S.I.P.O allemande qui le libère dès la première quinzaine d'avril. Quelques semaines plus tard, la même S.I.P.O arrête B.., dit "René le Blond", porteur d'une forte somme d'argent et d'un paquet de cigarettes bleu parachuté.  
René le Blond passe rapidement aux aveux, sous promesse d'avoir la vie sauve. Pour preuve de sa bonne volonté, il conduit un camion de la Wehrmacht récupérer un dépôt d'armes cachées près de Brossac. On lui propose alors de fonder un faux-maquis avec Q...Les deux hommes acceptent.  
 
Mais le S.O.E se rend compte du danger. Les agents anglais font le rapprochement entre les libérations de Q... et de René le Blond et les arrestations dans les rangs de la Résistance. Ils les exécutent en accord avec le groupe Walter-Petit. On retrouvera les corps de René le Blond et de sa femme le 2 juillet à Saint-Vallier.  
Archives S.O.E. - Témoignage Gendarmerie de Brossac.  
 
sources :  
musée de la Résistance  
blog Résistance française  
des malgré eux au malgré nous  
wikipedia  
archives radio-canada vidéo (diffusée le 26 mai 1994)  
 
 
Roger Vincent - Résistant de Péreuil (Charente) 
Rédigé par Alain 
 
Les responsables des groupes constitués dans le Sud-Charente sont : Barbezieux, le Lt. Bernard FISCHIER, alias FERNAND, chargé de la réception des parachutages et des transports d'armes, Jean DESCHAMPS et Joseph FLORSCH, agents recruteurs des jeunes mosellans et charentais ; pour Brossac Étienne ÉPAUD et René BOQUEREAU, ancien membre du réseau de Tarbes organisé par Charles RECHENMANN et neveu de Louis BOEUF de Chez Maillet à Passirac ; pour Guimps Lucien LANG, un spécialiste de la fausse carte d'identité ; pour Péreuil Roger VINCENT, à la tête d'un groupe déjà bien organisé, fort d'une trentaine d'hommes, des charentais et des nombreux mosellans dont deux déserteurs de l'armée allemande ; pour Berneuil André PETIT qui, en outre, accomplit sur ordre les missions de liaison de l'ensemble. 
 
 
 
Blanzac 
Le 8 mai 1944 : parachutage à Péreuil. Le message est : "Je t'ai prêté 1000F.", répété 2 fois, donc deux avions, deux parachutages ; le lieu, la vallée de l'Ecly, près d'Aubeville. Bernard FISCHER , Roger VINCENT, Jacob VOGEL, Charles CARRAUD, Fernand FOUCAULT, Oscar SMITT de Péreuil, FLORSCH et André PETIT réceptionnent les 5 tonnes d'armes larguées cette nuit là. Transportées dans des tombereaux tirés par des chevaux et dans un camion de l'imprimeur VENTHENAT de Barbezieux, les armes seront cachées dans une grange à "Chez Mesnard" commune d'Angeduc, dans le bois de Belle-Fontaine, au Soudun de Barbezieux chez Joseph FLORSCH et quelques pistolets et mitraillettes dans le grenier de l'école de garçons de Barbezieux. 
Dans la nuit du 22 au 23 mai Roger VINCENT et ses amis, par mesure de sécurité, ont décidé de déplacer le dépôt d'armes de Chez Mesnard. Le transfert est en cours d'exécution lorsqu'on leur signale l'arrivée d'une importante troupe d'Allemands. Les armes et les tombereaux sont abandonnés sur place et le groupe VINCENT s'échappe par miracle grâce à sa connaissance du terrain et à la complicité de la nuit. Malheureusement le 23 mai au matin Roger VINCENT est arrêté à son domicile de la Caillère, commune de Péreuil, ainsi que les amis qu''il héberge, Jacob VOGEL et Charles CARRAUD. Tous trois seront déportés et exécutés par les tortionnaires du camps de DACHAU. 
 
[source d’information – ‘Les Anciens Résistants du Sud-Charente’ par Jean Jardry] 
 
 
Près de l'église de Péreuil 
 
Les nommes de Roger VINCENT, Jacob VOGEL et Charles CARRAUD figurent sur le stèle en honneur aux patriotes et résistants de Péreuil - Angeduc situé Chez Menot près d'Angeduc (Lien) 
 
 
 
Stèle Chez Menot 
 
Allyre Sirois 
 
Allyre Sirois, né le 2 août 1923 à Vonda et mort le 8 septembre 2012 à Saskatoon, est un juge canadien, qui fut, pendant la Seconde Guerre mondiale, agent secret du Special Operations Executive. Envoyé en France occupée comme opérateur radio sous le nom de guerre de « Gustave », il émit depuis Angoulême et déclencha 24 parachutages d'armes et le bombardement d'Angoulême. 
Biographie 
Premières années 
Allyre Sirois naît le 25 août 1923 à Vonda (Saskatchewan, Canada). Il fait ses études élémentaires à Vonda. En 1937-38, il poursuit sa formation au Saint Antnony’s College à Edmonton ; puis en 1940-41 au Radio College of Canada à Toronto. 
Seconde Guerre mondiale 
1941 
Le 1er décembre, il s’engage dans le corps des signaleurs de l’armée canadienne, à Toronto. 
 
1942 
En janvier et février, il suit l’entraînement de base au camp Borden. Début mars, son groupe est transféré à Vimy Barracks, près de Kingston (Ontario). Fin juillet, l’entraînement de signaleur militaire est terminé. Destiné à faire partie de la section n° 2 S.W. type « B », le groupe est envoyé en Angleterre : le convoi de 90 000 hommes traverse l’Atlantique, de Halifax (9 août), à Glasgow (18 août). 
1943 
Le 12 mai, alors que sa section est logée dans un château près de Cobham (Surrey), il est interrogé par Maurice Buckmaster et Georges Bégué sur sa connaissance du français et sa rapidité de frappe dans cette langue. Fin juillet, lors d’une autre entrevue à l’hôtel Victoria, il reçoit la proposition d’être envoyé en territoire occupé en préparation du débarquement. Il accepte. Détaché au Special Operations Executive, il est appelé à Londres le 17 septembre, est reçu à Orchard Court par Denis Rake, et, le 22 septembre, part pour l'entraînement spécial d’agent secret 
 
Programme d’entraînement suivi par Allyre Sirois dans les Special Training Schools : 
• mise en évidence des qualités personnelles à Wanborough Manor (STS 5, près de Guildford) : techniques d’assaut, morse, manœuvres, fouilles de maisons, entrevues avec des psychiatres, etc. ; durée quatre ou cinq jours ; 
• entraînement de commando (paramilitaire), au château Morar (STS 23, Meoble Lodge, sur l’Isle of Skye, Écosse) : tactiques mineures, étude des cartes, boussoles, explosifs, armes à feu des différents pays d’Europe (pistolets, mortiers, pistolets mitrailleurs, fusils mitrailleurs, poignards), cours d’assaut, culture physique, sports, manœuvres dans les montagnes, exercices de nuit avec des explosifs sur des objectifs, étude du code morse (ce séjour en Écosse s’achève le 31 octobre)1 ; durée six semaines ; 
• entraînement au parachutage, à Wilmslow (STS 51b, près de Manchester, Buckinghamshire) ; durée quatre jours ; 
• interrogatoire, à Londres, en vue de déterminer l’orientation pour la suite (organisateur, opérateur radio, saboteur, agent de liaison). Sirois est classé comme opérateur radio ; 
• école de TSF, près de Thames (STS 52) : procédure de communication avec Londres, utilisation des nouveaux émetteurs ; la durée normale de trois mois est ramenée à deux mois dans le cas de Sirois, en raison des cours pris au Canada dans la vie civile ; du 11 novembre au 3 janvier ; 
• école de sécurité, à Southampton : connaissance des conditions de la vie en France sous l’occupation, exercices d’espionnage et de dépistage en pleine ville (Southampton), exercices de contact (Bournemouth), cambriolages de maisons, interrogatoires musclés par la Gestapo, identification des unités et uniformes de l’armée allemande ; du 10 au 20 janvier. 
1944 
Le 20 janvier, ayant terminé son entraînement, il rentre à Londres. Le 27, il contracte une pneumonie, qui l’amène à être hospitalisé au Masonic Hospital du 30 janvier au 15 février. Pendant cette période, il reçoit la visite de son futur chef de réseau, Charles Rechenmann, dont il doit devenir l’opérateur radio. Après une semaine de convalescence, il est de retour à Londres le 22 février. 
Après une tentative avortée dans la nuit du 1/2 mars, il est parachuté clandestinement, dans la nuit du 2/3 mars, avec Roger Landes, à Marsan (Gers), à 9 km à l’est d’Auch. Ils sont accueillis par un comité de réception dirigé par Arthur (Jacques François Hirsch ?). 
Du 3 au 27 mars, il reste à Toulouse, en attendant l’arrivée de Charles Rechenmann. Il loge dans une maison sûre tenue par Betty de Saint-Sandyl, située 12 rue Ingres, à un bloc du quartier général de la Gestapo. Pendant cette période, plusieurs agents utilisent aussi cette maison sûre : Hector (Maurice Southgate, chef du réseau STATIONER) ; Rémy ; Jacqueline (Nearne ?), courrier ; Amédée Maingard (radio d’Hector), Jacques (chef de groupe en Corrèze). 
Lorsqu’il sont informés de l’arrivée de Charles Rechenmann, Allyre Sirois et Arthur se rendent le 28 mars à Tarbes pour le rencontrer et recevoir ses directives, au domicile de la fiancée de Charles, Pilar Alvarez, 16 rue Brauhauban. Charles, qui prévoit d’inspecter préalablement la région d’Angoulême, leur donne rendez-vous à Guéret (Creuse). Ils rentrent à Toulouse. Puis le 31, ils se rendent en train à Guéret, via Brive-la-Gaillarde et Limoges. Le 1er avril, ils s’installent dans une maison refuge, un château situé à Saint-Sulpice-les-Champs et appartenant aux parents d’Arthur. Deux autres membres de la famille, agents de STATIONER, s’y trouvent déjà : Jeannette, courrier, et Pierre, opérateur radio. 
Début avril, Allyre Sirois établit les premier contacts avec Londres depuis Saint-Sulpice-les-Champs, en envoyant trois ou quatre messages pour tenir Londres informé de la situation. Le 17, Charles arrive au château, de retour d’Angoulême, où il a pu constater que la situation est excellente. Le 19 avril, Sirois et Rechenmann quittent Arthur et se rendent en train à Angoulême. Rechenmann installe Sirois chez M. et Mme Pouget, 35 boulevard Alsace-Lorraine, où le poste émetteur peut être installé au premier étage. Pendant trois semaines, Sirois communique avec Londres les messages préparés par Charles et son assistant Raymond, pour assurer plusieurs parachutages d’armes dans la région. Le 10 mai, conformément aux instructions de sécurité reçues, il doit changer régulièrement de base d’émission. Il quitte donc Angoulême pour se réfugier chez Étienne Épaud, près de Brossac. Il y reste 9 jours, sans pouvoir agir en raison des fréquentes coupures de courant. 
Le 18 mai, Sirois apprend deux catastrophes : Rechenman a été arrêté le 16 au café du Cheval de Bronze à Angoulême, en compagnie de René Bochereau ; et son adjoint Raymond a été arrêté le 14 sur la route près de Pont-à-Brac. Le 21, il trouve refuge chez Jean Kœnig, 503 rue Monlogis, à Angoulême. puis chez René Dubroce, rue Crouin à Cognac, où il installe son poste émetteur dans le grenier. Une semaine plus tard, les parachutages d’armes peuvent recommencer. Londres demande à Sirois de rester sur place et d’attendre l’arrivée d’un autre chef de réseau. Après deux semaines chez René Dubroce, Sirois déménage chez Arodeau, un vieux pêcheur qui habite aux Boivins, petit village situé au bord de la Charente, puis chez Marcel et Thérèse Sorin, au château de Salignac-de-Pons, puis, à partir du 11 juillet, au village aux Boisins, au sud du camp d’aviation de Cognac, chez la famille Andron, puis à partir du 23 juillet, à La Simarde, chez Jean Kœnig. 
Le 10 août, le nouveau chef de réseau envoyé de Londres arrive enfin : c’est Charles Corbin, pseudo « Allyre », chef du réseau Allyre-CARVER. Corbin lui présente un ancien signaleur de l’armée française, qu’il commence à entraîner et qui est accepté par Londres. Le 18 août, ils se déplacent à Trotterenard2, chez la famille Blanchard. De son côté, Charles Corbin combat les Allemands au nord d’Angoulême ; le soir du 31 août commence l’attaque de la ville, qui est libérée en quelques heures. Le 1er septembre, Allyre Sirois endosse son uniforme, se rend à Angoulême en liesse et retrouve les Pouget, chez qui il émet le message annonçant la libération de la ville, nouvelle qui sera diffusée à la BBC le lendemain. Le 24 septembre, Allyre Sirois et Charles Corbin quittent Angoulême pour Paris. Trois jours après, ils rentrent à Londres. 
 
Achèvement des études 
• 1948. Il obtient son baccalauréat ès Arts. Le 14 septembre, il épouse Madeline Ehman. 
• 1950. Il obtient sa licence en Droit. 
• 1951. Après un stage chez Culliston & MacLean, de Gravelbourg, il est reçu au barreau. 
 
Carrière de juge 
 
• 1951-1964. Il exerce le droit à Gravelbourg. 
• 1964-1998. Il est juge de la Cour du Banc de la Reine de Saskatoon. 
• 1983. Il préside le procès Mercure, défendu avec succès par Me Roger Lepage de Régina devant la Cour suprême du Canada. 
• 1984. Il préside à Gravelbourg le procès Tremblay, premier procès tenu entièrement en français en Saskatchewan. 
• 1985. En mars, il est nommé à la Cour Martiale d’Appel. 
• 1998. Il prend sa retraite du barreau. 
• 2012. Allyre Sirois meurt des suites d’un AVC le 8 septembre 2012 à l’hôpital Saint-Paul de Saskatoon. Ses obsèques sont célébrées le 13 septembre à la Cathedral of the Holy Family. Il est enterré à Vonda, son village natal. 
Publication 
Un Canadien derrière les lignes ennemies par le Juge Allyre L. Sirois, Bibliothèque de l’Ouest, collection fransaskoise, série « Gens du pays » (volume no 2), Les Éditions Louis Riel, Coopérative Ltée, Ottawa, 1991 ; (ISBN 2-921385-00-7), (ISBN 0-920859-20-8). 
Reconnaissance 
• Royaume-Uni : membre de l'Ordre de l'Empire britannique (MBE) 
• France : Croix de guerre 1939-1945 (CG) avec palmes. 
• Ville d'Angoulême : Médaille de la Ville d'Angoulême et Diplôme d'honneur de la Ville d'Angoulême. 
Identités 
• État civil : Allyre Louis Joseph Sirois 
• Comme agent du SOE, section F :  
o Nom de guerre (field name) : « Gustave » 
o Nom de code opérationnel : SATYR (en français SATYRE) 
o Faux papiers : André Louis Sirois, né le 25 août 1917 à Saint-Prix (Allier) ; ouvrier agricole ; dom. : 1°) [Permis de séjour] 16 rue Beauparlant, Vichy ; 2°) [Carte d’identité] 45, chemin de la Brauderie, Châteauroux ; 1,74 m., cheveux blonds, yeux bleus. 
 
Famille 
• Son père : Paul Émile Sirois 
• Sa mère : Bertha Pion 
• Sa femme : Madeline (Ehman) (morte en 1980) 
• Ses enfants : Valérie, Richard, Guy, Marianne, Lisa et Norman. 
Sources et liens externes 
• Fiche Allyre Sirois, avec photographie : voir le site Special Forces Roll of Honour 
• Documentaire Allyre Sirois, opérateur radio, journaliste Guy Gendron, réalisatrice Louise Lemelin, Radio-Canada, 1994. Dans ce documentaire historique, outre Allyre Sirois lui-même, interviennent notamment Vera Atkins et Roger Landes, également du SOE. 
• Libre Résistance, bulletin d’information et de liaison, anciens des Réseaux de la Section F du S.O.E. (Special Operations Executive), réseaux BUCKMASTER, numéro 35, 1er trimestre 2013, page 7. 
• Nécrologie/Obituaries :  
o The Regina Leader-Post from September 11 to September 12, 2012 
o radio Canada, 13 septembre 2012 
Notes 
1. ↑ Le groupe comprenait des Français, des Belges, des Anglais et des Canadiens, qui parlent toujours français entre eux. Les camarades de stage qu’Allyre Sirois mentionne dans ses mémoires sont : Rémy, Ledoux, Singer, de Ganais, Régnier, Lansdell, Mlle Meunier, John, Muriel Byck et Morange. 
2. ↑ À 9 km à l’est d’Angoulême 
 
Canadian Special Operations Executive Stories of World War 
 
https://www.youtube.com/watch?v=y9qTyTNLlHo 
 
VIDEOS 
Allyre Sirois, opérateur radio 
Date de diffusion : 26 mai 1994 
Allyre Sirois, membre du réseau Buckmaster, a aidé les résistants français durant la Seconde Guerre mondiale. 
http://archives.radio-canada.ca/guerres_conflits/securite_nationale/clips/10143/ 
(1/4) Canadian Special Operations Executive Stories of World War II - Part 1 
https://www.youtube.com/watch?v=QAXOGQBns_s 
(2/4) Canadian Special Operations Executive Stories of World War II - Part 2 
https://www.youtube.com/watch?v=DEgIMZB0zak 
(3/4) Canadian Special Operations Executive Stories of World War II - Part 3 
https://www.youtube.com/watch?v=y9qTyTNLlHo 
(3/4) Canadian Special Operations Executive Stories of World War II - Part 3 
https://www.youtube.com/watch?v=Tp2_SlHyGyk 
 
Le juge à la retraite Allyre Sirois est mort à Saskatoon 
Mise à jour le dimanche 9 septembre 2012 à 21 h 23 HAE 
Le juge à la retraite Allyre Sirois est décédé le 8 septembre 2012 à Saskatoon.  
Le juge fransaskois à la retraite Allyre Sirois est décédé samedi à l'hôpital St-Paul de Saskatoon, entouré de ses enfants, à la suite d'un accident vasculaire cérébral. Il était âgé de 89 ans. 
Né à Vonda, Allyre Sirois s'est engagé dans l'armée quand il avait 19 ans. Membre du réseau Buckmaster, il a aidé les résistants français durant la Seconde Guerre mondiale. Il a d'ailleurs écrit un livre sur ses expériences d'opérateur radio au sein du mouvement clandestin en France. 
Ses prouesses militaires lui ont valu des honneurs distingués du Royaume-Uni et de la France. 
Allyre Sirois est rentré au Canada en 1944 avant de s'incrire à l'université pour devenir avocat en 1951. 
Une fois admis au Barreau, il s'est installé à Gravelbourg avec sa femme Madeleine. Ils ont eu six enfants. 
Il a été très impliqué dans la fransaskoisie et a été membre aussi bien des Chevaliers de Colomb que du Conseil paroissial de Gravelbourg. 
Il a également été président de la Commission scolaire de Gravelbourg et de l'Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan (ACFC) avant de démissionner en 1964, lorsqu'il a été nommé juge de la Cour du Banc de la Reine. 
Il s'est alors établi à Saskatoon. Allyre Sirois a pris sa retraite à la fin des années 1990. 
Catherine Laborde: Maria del Pilar 
 
Philippe Chauveau (Web TV Culture ) : Catherine Laborde, Maria del Pilar, c’est votre nouveau titre, Maria del Pilar, c’est le nom de votre maman avec cette photo qui illustrent joliment la couverture. Nous sommes à Tarbes, c’est la guerre et c’est l’histoire de votre maman que vous racontez dans ce livre. 
 
Catherine Laborde (Maria del Pilar) : Oui c’est ça, j’ai voulu raconter la période de sa vie qui a sans doute été la plus importante pour elle, qui a compté le plus dans sa vie, et en particulier cette année 1944-45 où elle attend le retour de l’homme qu’elle aime. L’homme qu’elle aime qui est le chef de son réseau se prénomme Charles, il a été arrêté le 13 mai 1944 à Angoulême. Tarbes, où elle va se réfugier dans le maquis. Tarbes est libéré le 19 août 1944 et à dater de ce jour, elle va le chercher tous les jours jusqu’au 13 mai 1945, date des entrées des armées du général Patton à Büchenwald.  
 
Philippe Chauveau (Web TV Culture ) : Et elle apprendra malheureusement que l’homme qu’elle aime meurt à Büchenwald. Votre maman était couturière, comment finalement est-elle arrivée dans la résistance et comment a-t-elle rencontrée Charles ? 
 
Catherine Laborde (Maria del Pilar) : Ma mère est arrivée à Tarbes, petite fille, immigrée espagnole parce que ses parents n’avaient plus assez d’argent pour faire vivre leurs enfants en Espagne. Lui est un réfugié lorrain, elle, est une… pas réfugiée espagnole puisqu‘elle n’est pas réfugiée de la guerre d’Espagne mais réfugiée économique espagnole et tous les deux ils ont cet immense sens de leur dignité bafouée, de ne pas être à leur place et en même temps d’avoir à se battre pour la liberté. Et Charles, il est révolté par ce que peuvent penser les vieux et il est révolté aussi par le nazisme que Hitler impose à l’Allemagne et c’est dans cette révolte qu’ils vont se retrouver tous les deux. Ce sont des années d’amour et de passion réciproque. Mais ce sont aussi des années où la lutte et le danger sont permanents. 
 
Philippe Chauveau (Web TV Culture ) : Vous parlez très joliment de cette histoire, de cette passion, de votre mère et de cet homme, tout en sachant que ce n’est pas votre père. Puisque votre père, votre maman le rencontrera juste après et vous expliquez un petit peu que finalement votre maman a toujours pu vivre dans le souvenir de cet amour parce que votre père s’y est associé. 
 
Catherine Laborde (Maria del Pilar) : Oui, voilà, moi j’ai voulu écrire un livre où il y avait la recherche de Pilar, c’était moi qui voulais savoir comment était ma mère jeune fille et puis ensuite à la recherche de Charles. Et puis j’ai découvert des choses magnifiques sur Charles et sur l’amour entre Charles et Pilar et je pensais que le livre ce serait ça. Et puis il y a Robert qui s’est invité, Robert c’est mon père, je ne pensais pas qu’il aurait autant de place dans le livre. J’ai découvert en écrivant le livre que Robert rencontre Pilar au moment où Pilar apprend que Charles ne reviendra pas. Et à ma grande surprise, à mon grand étonnement, mon père est tombé amoureux d’une jeune femme qui pleurait un autre homme. Et je pense que cette histoire, c’est vraiment une histoire à trois, c’est une histoire entre Charles, Robert et Pilar. 
 
Philippe Chauveau (Web TV Culture ) : Pourquoi ce livre arrive-t-il maintenant dans votre vie parce que finalement votre maman vous avait plus ou moins parlé de cette histoire, de ce premier amour. Et vous saviez qu’elle avait commencé un petit peu à écrire sur son passé de résistance. Pourquoi avoir attendu aujourd’hui pour écrire ce livre ? 
 
Catherine Laborde (Maria del Pilar) : Je pense que je ne pouvais écrire ce livre avant la mort de mes parents. Après la mort de ma mère, mon père m’a parlé de Charles et je pense que c’est ce qui m’a aussi autorisé à écrire sur Charles c’est d’avoir eu cette sorte d’autorisation paternelle. Tant que mon père était vivant, je crois que je n’aurais pas écrit cette histoire-là. Et en même temps quand ma mère a voulu écrire ses mémoires en 1972, elle m’a dédicacé ses mémoires, elle m’a écrit pour Catherine, pour qu’elle vive et que je revive tous ces moments de la résistance. Donc j’ai bien compris que si je voulais écrire sur la résistance de ma mère et si je voulais parler de Charles il fallait que j’attende que ma mère et mon père aient disparu.  
 
Philippe Chauveau (Web TV Culture ) : On sait, puisque votre sœur a écrit un très joli livre sur ce sujet, que votre maman était atteinte de la maladie d’Alzheimer. Est-ce que le fait de livrer comme ça au grand jour, au grand public son histoire, c’est aussi une façon de lui redonner une mémoire. 
 
Catherine Laborde (Maria del Pilar) : Je pense aussi que j’ai écrit ce livre pour dire que la maladie ne gagne pas. C’est ce que j’écris à la fin du livre, de manière un peu rapide, mais c’est ce que j’ai voulu dire, que la maladie ne gagne pas. 
 
Philippe Chauveau (Web TV Culture ) : Merci beaucoup Catherine Laborde pour ce joli témoignage et surtout pour ce très joli livre, Maria del Pilar, c’est aux éditions Anne Carrière.