Haute Charente
Ecrits & reportage 
sur la résistance


DEGORCE Freeland  
Né le 07/07 1926 
 
Après la suppression de la Ligne de Démarcation, le 11 novembre 1942, j’ai fait partie de la résistance, j’avais 16 ans et demi. J’ai fait partie du réseau du colonel Dega de Ruffec qui avait un agent à Saint-Claud, monsieur Vigier, un mutilé de la guerre de 1914/1918. Quand le colonel Dega venait chez monsieur Vigier, la fille (Suzanne) venait me chercher pour rencontrer le Colonel, qui m’envoyait porter un message chez le commandant Pirotée qui habitait Cellefrouin où j’ai toujours été reçu par deux femmes, la mère et la fille, auxquelles je transmettais le message écrit ou verbal. Je me souviens de deux messages, « semez sur les tombeaux, les épis seront plus beaux » ou « j’irai cracher sur vos tombeaux ». J’étais agent de liaison de la fin 1942 et les années 1943 et 1944. Il y avait toujours des Allemands dans le secteur. J’ai aussi porté des messages à deux résistants monsieur Pérois et Monsieur Blanc de Taponnat. Il n’y a plus de témoins aujourd’hui, mais je jure sur l’honneur que c’est la vérité. 
 
En juin 1944, je suis entré au maquis Bir Hakeim jusqu’au début du mois d’octobre 1944. J’ai été appelé pour faire mon service militaire le 27/11/1946, et incorporé au 1er RAL à Reutlingen en Allemagne jusqu’au début du mois d’aout 1947 où j’ai été démobilisé compte tenu de me mon temps de maquis. 
 
J’ai été rappelé le 27/11/1947au 25 ème RA de Thionville, mon groupe du 1er RAL ayant été dissous. J’étais maréchal des logis et j’ai été désigné, avec deux canonniers, pour rapatrier le dépôt de munitions du 1er RAL, resté au camp de Münsingen en Allemagne. J’ai été démobilisé le 16/02/1948 
 
En dehors de ces faits militaires, j’ai la médaille d’or de la Société d’Encouragement au Bien de la Charente. Je suis officier du mérite du sang. Je fais partie du conseil d’administration de l’Amicale des Donneurs de sang bénévoles du Sud Confolentais depuis 1962, (don je suis le doyen). J’ai été pompier volontaire pendant 32 ans au centre de secours de Saint-Claud 
 
J’ai donné beaucoup de mon temps bénévolement à des gens qui avaient besoin que je les aide 
Cela n’a rien à voir avec les faits militaires, j’ai fait mon devoir et mon travail tout simplement 
 
Si un jour, j’ai la chance de recevoir cette décoration, je la dédierai à mon père, classe 1913, qui a côtoyé la mort avec tous ses copains les poilus, pendant quatre ans.