Haute Charente
Ecrits & reportage 
sur la résistance


Drame de la grange d'Endourchapt 
22 mars 1944 
Lieu d'un événement tragique de la Résistance charentaise  
 
Au lendemain de la loi Laval sur le Service du travail obligatoire (16 février 1943), les organisations de la Résistance s'efforcent de faciliter le refus de la jeunesse à son transfert en Allemagne. Un peu partout en Charente l'agriculture, qui manque de bras mais aussi de petites entreprises de maçonnerie (Landreau à Mansle), de sciage du bois ou de transports (Alfred et Germain Potevin à Négret, Saint-Claud) ou d'autres encore dissimulent de jeunes réfractaires. A Négret, au nord de Saint-Claud, le petit groupe grandit : cheminots résistants menacés, réfugiés, juifs, ouvriers étrangers le rejoignent. Ils sont bien aidés par le maire de Saint-Claud et les Potevin.  
Il faut bientôt quitter un premier campement dans les bois et s'installer dans une grange très isolée de Saint Laurent-de-Ceris, Endourchapt. Les responsables des MUR, Chabanne et Gary les visitent et leur fournissent quelques mitraillettes. Des aviateurs américains, en quête d'hébergement après la chute de leur avion, sont affectés au groupe par les responsables de Bir-Hackeim . Les jeunes attendent là, restant groupés pour la plupart d'entre eux dans l'inactivité, un chef qui n'arrive pas car blessé dans une embuscade près de La Péruse. 
Au lendemain de l'accrochage de Saint-Mary (04 février 1944) et sur dénonciation, sont arrêtés le 25 février les jeunes Tricaud, Hymonnet et les frères Barreau de la région de Cellefrouin. Ils sont durement traités à la prison Saint-Roch d'Angoulème. Le commandement allemand s'estime alors suffisamment informé sur la présence de maquisards à Négret. Les policiers de la SAP de Poitiers enquêtent sur place, déguisés en paysans et sont en mesure de fournir quelques renseignements supplémentaires aux allemands. Ceux-ci organisent donc une journée de terreur le 22 mars 1944 à Chasseneuil et ses environs. Dans la matinée, une forte unité de la Wehrmacht, accompagnée par les policiers de Poitiers est à Négret où elle ne trouve pas le groupe de maquisards entre-temps transféré à Endourchapt. Les policiers repèrent un nommé Rouffignac, arrêtent deux autres jeunes : Vignaud et Dubois. Sous les coups, l'un des jeunes indique le nouvel emplacement du groupe des réfractaires.  
L'assaut est donné à Endourchapt en fin de matinée. Les fils Potevin et quatre autres jeunes tentent de s'échapper dans les bois ; l'un d'eux, André Potevin, revenu pour tenter de convaincre ses camarades de le suivre est capturé par les allemands et tué sur place. Deux autres se dissimulent dans le foin, Roger Barrier et Marcel Dumont et échappent à l'arrestation. Trente-trois maquisards et un agent de liaison Camille Chambaud sont arrêtés et conduits aussitôt à Poitiers où ils seront immédiatement interrogés et torturés. Après un simulacre de jugement devant une cour martiale allemande, ils seront fusillés le 08 mai 1945 à Biard.  
La grange ne fut pas brûlée, permettant ainsi aux 2 survivants d'être saufs. 

Andourchapt

A Lafont,
commune de Saint Laurent de Ceris  
en Charente, le monument révèle
les noms des maquisards arrêtés